Chuck Schuldiner Project

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Tuesday, December 6, 2016

Interview avec Johannes Persson de Cult of Luna (14/04/2016) (Ver. Francaise)


En petit bonus pour vous, chers lecteurs, j’ai le plaisir de vous ressortir une vieille interview de mes archives, un article qui n’a malheureusement pas pu être publié au moment de sa finalisation. L’année 2016 touchant cependant à sa fin et l’album Mariner de Cult of Luna & Julie Christmas tenant toujours en tant qu’album phare de l’année, il aurait été trop dommage de laisser l’article prendre la poussière. Ayant été réalisée peu de temps après la sortie de l’album, il est à noter que le groupe n’avait à cette époque aucune intention de jouer l’album en live, décision sur laquelle le groupe reviendra 7 mois plus tard avec une tournée dédiée à l’album aux côtés de Julie Christmas.  Cela étant dit, je vous invite à lire cette interview en gardant en tête sa date de réalisation.


Sortis d’un silence assourdissant avec l’annonce d’un nouvel album en collaboration avec Julie Christmas ainsi qu’une tournée célébrant les 10 ans de Somewhere along the Highway, les membres de Cult of Luna reviennent en force sur les devants de la scène pour un mois d’avril retentissant. Entre le retour sur un album désormais culte de leur immaculée discographie et la sortie d’un album assurant d’ores et déjà et sans le moindre doute sa place auprès des meilleurs albums de l’année, le moment semblait on ne peut plus propice pour s’entretenir avec le fort sympathique Johannes Persson pour parler de l’évolution du groupe.

Vous êtes actuellement en tournée pour le 10ème anniversaire de Somewhere along the Highway. En rétrospective, comment voyez vous ce chapitre pour le groupe?

Ce n’est pas tant le moment de sa sortie qui importe autant que la manière dont on l’a écrit. Avec Salvation, on commençait former notre propre voix, mais c’est véritablement avec SatH qu’on était vraiment “nous”. Ce qu’ont fait en ce moment découle directement de cette ère. On a fait l’album super vite: on l’a écrit en 3 mois et enregistré en 1 semaine. On n’a pas eu le temps de beaucoup penser sur le moment, on a simplement écrit et on a laissé les choses se faire. On ne s’est pas posé de questions, on l’a juste fait. On a écrit ce qui nous semblait bon.

La base de votre son a été édifié par sa spontanéité.
Exactement. Des titres comme And with Her Came the Birds n’aurait jamais été possibles sur les autres albums. L’enregistrement était aussi très spécial parce qu’avant on s’enfermait en studio et on bossait pendant des heures à la ronde. Pour cette fois-là on avait embarqué tout notre matériel d’enregistrement dans un petit cottage perdu et on a travaillé comme des fous en essayant d’enregistrer le plus possible en live. And with Her Came the Birds a été enregistré en live au milieu de la nuit. Magnus avait aussi placé des micros en extérieur pour capter le ruissellement de la neige qui fondait et s’en est servi sur le début du morceau.

Etant en tournée pour SatH tout en ayant tout juste sorti votre nouvel album Mariner, quel est, selon vous, la plus grosse évolution ou changement pour le groupe dans ces 10 ans séparant ces 2 sorties?
Il y a beaucoup de choses. Musicalement, c’est plus simple pour les fans de répondre à cette question. Après, avec l’age vient un semblant d’assurance qui tient plutôt de fait d’en avoir plus rien a battre (rires). Il y a moins d’anxiété qu’avant, et tu n’avais pas l’avantage de savoir ce qui était bon ou pas. En rejouant ces titres d’il y'a 10 ans j’ai aussi été surpris sur certaines choses. Les morceaux étaient vraiment bons et plus techniques que ce qu’on fait actuellement, du moins de mon coté. Je n’aurais jamais pu écrire cet album aujourd’hui, impossible. Je suis une personne différente et bien que nous soyons les mêmes individus, l’album ne serait pas sortis comme tel aujourd’hui. On aurait pris des positions et décisions complètement différentes.

Est-ce que ca ne découlerait pas d’une approche différente de l’écriture?
Je ne pense pas qu’on aurait été aussi “ouverts” à certaines choses qu’auparavant. Ca peut sembler contradictoire, mais je pense que certaines parties qu’on aurait jugés trop “simples” où on se serait dits “Ok, il faut qu’on fasse autre chose sur ici”. Dim n’aurait pas sonné comme tel aujourd’hui. Sur ThirtyFour, qui est un morceau très complexe à jouer, on alterne entre des mesures à 3 et 4 temps, ce qu’on n’aurait jamais fait aujourd’hui.
Quant au groupe, je pense qu’on est plus “sûrs” maintenant. On n’a pas eu de vraie dispute en 6-7 ans, ce qui est un peu dommage n’empêche (rires). Avec Andreas on se chamaillait beaucoup.

Sur des questions créatives?
Sur tout. Une fois on s’était disputés sur une histoire de chambre d’hotel et on a fini par essayer de se donner mauvaise conscience en dormant dans le van. Il ne devait qu’y avoir qu’une personne qui devait dormir dans le van et on se disait “Je le fais! Non, c’est moi!”, et on a fini par dormir tout les deux dans le van et j’ai chopé une pneumonie de malade que j’ai gardé quelques semaines. C’était horrible (rires). Mais on ne se chamaille plus.

Vous venez de sortir Mariner avec Julie Christmas. Peux tu nous parler des thèmes abordés sur l’album?
Après SatH on a fait Eternal Kingdom, qui était inspiré de l’environnement rural où in a grandi. Avec Vertikal on voulait faire quelque chose de complètement différent, on voulait faire faire un album futuriste sans tomber dans le cliché de faire une B.O. de Blade Runner. On avait de créer le son d’une ville mécanique inspirée de l’expressionnisme allemand et du futurisme. On savait déjà ce qu’on voulait faire par la suite, d’où le titre Vertikal ; on regardait vers le haut. Le titre In Awe of sur l’album parle de l’admiration de l’espace. On a aussi fait l’EP Vertikal II, avec la pochette qui évoque les lumières de la ville dans le ciel. Du coup quand on a décidé de faire un album avec Julie on lui a dit qu’on voulait faire un album sur voyage qui partirait de la terre en dépassant la vitesse de la lumière pour atteindre les limites de l’espace. On lui a expliqué ce concept musical tout en lui disant qu’elle pourrait faire ce qu’elle voulait, on ne lui a mis aucune pression. La musique est donc inspirée du voyage concret dans l’espace mais également de l’idée de toucher de nouveaux horizons pour découvrir ce qui s’y cache, laisser sa zone de confort dans le domaine musical et artistique pour voir ce qui se passerait. Ca parle d’exploration.

Comment s’est déroulé le processus de collaboration, sachant que vous n’étiez jamais dans le même studio ensemble?
Le fait est qu’on savait à l’époque qu’on allait moins tourner, du coup on lui a dit “Ecoute, vu qu’on ne va pas tourner, pourquoi pas faire un album pour lequel il serait impossible de tourner?”. Avant de se décider si on allait faire l’album, je lui ai envoyé quelques idées que j’avais écrites sur mon ordi, et ca a fonctionné à merveille. On lui a ensuite envoyé des demos. Elle a suggéré quelques idées de modifications et on a fini par en utiliser certaines, on en a laissé de côté et on en a modifié quelques unes avant de les mettre en oeuvre. Pour ce qui est de sa voix, on n’avait aucun contrôle sur sa voix, ce qui faisait assez peur. Mais une fois qu’on avait l’album en main, on s’est rendus compte qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter.

Y a-t-il eu des surprises par rapport à ce à quoi vous vous attendiez?
Pas vraiment. Je pense qu’au départ elle avait un peu de mal à comprendre comment on fonctionnait et comment on composait. Quand on écrit, on sort des trucs très monotones, et si vous n’êtes pas habitués on peut se demander “Comment est-ce que ca va devenir un morceau? C’est le même riff qui tourne en boucle”. Mais c’est là qu’on commence à ajouter des couches avec chaque instrument pour finalement avoir des parties différentes alors qu’à la base nous avions une partie qui sonnait pareil pendant 4 minutes. C’était un peu dur à comprendre pour elle parce qu’on n’avait que des démos on lui disait “sur cette partie on va faire ca”, mais on s’est vus à New York en automne dernier et elle nous a vus en concert. Elle nous a dit “Maintenant je comprends ce que vous faites, au travail maintenant” et c’est à ce moment qu’elle a commencé à sortir des merveilles.

Ca peut paraître un peu prématuré, mais j’ai pu lire que vous avez commencé à écrire votre prochain album. Est-ce que vous pouvez déjà donner des pistes sur cette sortie ?
Il est bien trop tôt. J’écris en permanence, mais je ne sais pas si ca va finir sur l’album. Je peux déjà dire qu’il ne sortira pas dans un an, mais au delà de ca je ne sais pas du tout. On a cette tournée, puis on a 4 concerts en mai, mais au delà de ca on n’a rien de prévu. On a chacun nos vies, donc on verra. On aime bouger, on aime écrire mais on ne va rien précipiter.

Peux tu nommer un de tes albums, films et bouquins préférés?
Albums: Ok Computer de Radiohead est un des rares chefs d’oeuvres de ce monde.
Films: Je travaille dans ce milieu donc c’est pas évident. Pour nommer un film récent, j’ai vraiment adoré The Danish Girl. Le mec qui joue Lili était incroyable! Sinon un de mes films préférés est Deux Soeurs. J’adore les films d’horreur asiatiques.
Bouquins: J’ai commencé à m’intéresser à la première guerre mondiale, et le premier bouquin qui  y a étincelé mon intérêt est A l’Ouest, Rien de Nouveau d’Erich Maria Remarque. Je devrais le relire maintenant que j’en sais davantage sur l’enfer que c’était sur le front. T’avais tout ces soldats qui se faisaient broyer sur place. Tu voyais la première ligne partir et se faire totalement décimer par le barrage d’artillerie avant que ce soit ton tour… Un autre roman superbe, un des plus intelligents que j’aie lu, est Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas. Quel putain de bouquin! Le mec passe 10 en prison à comploter sa vengeance. Ca aurait été bien trop simple de tuer tous ceux qui t’ont causé des torts, et donc le gars prépare sa vengeance pendant 13 ans pour rendre ces gens fous. C’est sublime, j’adore!


Interview réalisée et traduite par Robin ONO.
Live Photos par Rémy Barbe

Un grand merci aux groupe et au staff de HiM Media pour avoir rendu cette interview possible et pour nous avoir permis de publier cet article sur notre site.

Cult of Luna
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Sunday, November 6, 2016

Noyades - Go Fast (Fr)

Le rock en France, de toute façon, c’est mort. Que lon soit dans la campagne la plus reculée de lhexagone ou encore au coeur de sa capitale, il nous est simplement impossible d’échapper aux variantes de cette phrase énoncée par les amateurs de musique plus ou moins cultivés sur le sujet de la musique Française. C’est une phrase bien grave qui vient à passer sous le domaine de lusage courant, comme si le deuil eut été fait et la page tournée pour de bon. Mais de quoi parlent donc ces personnes? Certes, il est bien vrai quoutre une poignée d’artistes ayant tamponné leur passeport à la conquête du public américain, la France semble rarement jouir dune renommée mondiale, (du moins si on le compare à son voisin britannique). Serions-nous donc moins créatifs ou moins aptes à sortir de la musique digne dune reconnaissance internationale?
Sans avoir la prétention d’avoir une réponse définitive sur le sujet de la discrétion des artistes rock français, je dirais quil suffit simplement de saffranchir quelque peu des préjugés et de jeter un coup doeil sur notre chère scène rock indé pour remarquer que tout nest pas si gris pour la condition des musiciens FrançaisComme premier exemple d’autorité pour ce constat, jappelle à votre attention cette deuxième sortie du trio Lyonnais connu sous le nom de Noyades, un groupe dont la musique échappe autant au préjugé cité qu’à la catégorisation. Mêlant adroitement des influences issus du math-rock, du noise-rock, du stoner et du rock psychédélique, la musique de Noyades se définit au mieux par leur nom pour le coup parfaitement à l’image de leur son.  Les 7 titres de Go Fast engloutissent lauditeur dans une marée de sons massifs, des vagues déferlantes qui se joignent avant de se briser contre nos tympans.  Le timbre électrifiant de la guitare se définit sur des riffs groovy et se décompose en bruit pur avec une malléabilité organique et terriblement efficace, accompagné d’une basse survoltée et de rythmes de batterie alternant entre grooves saccadés et rythmes tribales répétitifs.  Des premières notes de Réplique à la cérémonie de cloture quest Reflects, lauditeur est happé par latmosphère extatique et transcendante dépeinte par le mur deffets sonores bruyants modulants sous les rythmes endiablés de la batterie. Aussi indomptable que limmensité de l’océan, Noyades puise dans lessence primale de notre oreille musicale et nous contraint à lâcher prise pour nous y soumettre tout entier. Aussi bruyant et strident quil puisse être par moments, Go Fast est de ce fait raison un album relativement accessible d’écoute. 
Les 7 compositions de l’album s’articulent entre des structures lunatiques et transcendantes échappant à toute forme de convention tout en gardant un fil conducteur cohérent dans son ensemble, les sauts dhumeur ne se résumant jamais à de simples brisures sans utilité.De par son jeu unique et entraînant mis en relief par une production crue mais précisément définie , Noyades tait toutes les voix sceptiques avec cet album exceptionnel quest Go Fast et montre que lheure nest pas tant du deuil pour la scène Française mais plutôt de la célébration.

Ecoutez Go Fast de Noyades ici :
https://noyades.bandcamp.com/music

Wednesday, April 13, 2016

Interview avec Sunder

Cette semaine, j’ai l’immense plaisir de vous offrir, chers lecteurs francophones, une interview avec un groupe français au talent hors-pair. Armé d’un nouveau son vintage mélangeant sonorités pop et rock psychédélique des années 70, le quatuor Lyonnais Sunder, anciennement connu sous le nom de The Socks, revient sur le devant de la scène avec un album éponyme posant brillamment et adroitement les bases de leur nouvelle identité sonore. Quelques semaines avant leur départ en tournée à la conquête du territoire français et britannique, j’ai eu la chance de pouvoir entretenir avec Julien et Vincent pour discuter de leur renouveau musical aussi audacieux que prometteur.

Sunder est votre 1er album sous votre nouvelle dénomination. D’où vous est venu le besoin/l’envie de changer de nom et qu’est-ce qu’il signifie?

Julien: On n'aimait plus le nom de « The Socks », ça c'est une évidence. Mais je pense surtout qu'on avait besoin d'un reset. On voulait évoluer musicalement. On avait besoin de faire quelque chose de différent, de créer un autre univers musical. L'idée de repartir sur quelque chose de tout neuf avait un coté très excitant et hyper motivant. Le mot « Sunder » signifie fragmenter, déchirer ou séparer violemment, ce qui correspondait très bien à notre renouveau. Ce nom vient aussi du mélange des deux mots qui sont « Sun » et « Thunder ». On a orienté la composition de l'album autour de ça en insistant sur l'idée de créer deux atmosphères et deux couleurs différentes. On a donc eu des contraintes dans la composition mais aussi une ligne directive à suivre, ce qui nous a aidé. 

A quoi peuvent s’attendre les auditeurs potentiels ainsi que les fans de votre incarnation précédente en écoutant Sunder?

Julien : Ils n'auront pas d'électrochocs. Ils pourront préférer l'un ou l'autre mais dans tous les cas ils s'y retrouveront. La musique de « Sunder » a des couleurs plus pop que celle de « The Socks ». Le son général est aussi très différent. Le son et le jeu de guitare a changé, le farfisa et le mellotron prennent une place très importante, la batterie sonne beaucoup plus 60's, la basse a un rôle plus mélodique. les voix quand à elles sont traitées différemment et prennent plus de place que dans The Socks.

Pourriez vous parler parler un peu de l’enregistrement de cet album?

Julien : On a choisit l'endroit où l'album de The Socks a été enregistré, c'est à dire chez Raphaël Cartellier. On aime bien bosser avec ce mec ! On a aussi voulu travailler avec un « directeur artistique » pour avoir un avis extérieur sur ce qu'on pouvait faire. On est donc allé chercher Julien Masson pour nous botter le cul, nous mettre des claques quand on était nul et nous réveiller le matin.. 
Au niveau du procédé d'enregistrement, on a enregistré « live » (sauf les voix et mellotrons). Les amplis étaient dans des pièces séparées et isolées de la batterie de façon à pouvoir travailler plus facilement au mix. Chose qu'on a volontairement laissé faire par Julien et Raphaëlle sans notre présence. On avait entièrement confiance en eux et on a  plutôt eu raison.

Quels sont les thèmes que vous abordez sur cet album?

Julien : Les thèmes de cet album sont essentiellement inspirés de relations humaines, d' expériences de vie, de ressentis ou de faits marquants de la vie. Toutes ces choses sont abordées à travers des images et des métaphores ce qui permet de parler de choses concrètes et réelles en créant des histoires fictives voir même fantastiques. Si l'on devait retenir des thèmes marquants ce serait l'homme, le bien, le mal, la méfiance et la peur.

Comment se passe l’étape de composition pour le groupe?

Julien: Certains titres viennent d'une suite d'accords ou de riffs de guitare avec une ligne mélodique chanté et posé par dessus (on peut dire qu'on part d'une ébauche de chanson qu'on arrange ensemble par la suite). D'autres sont nés de « jams » qu'on a ensuite transformé et arrangé en morceaux.

L’album prend ses racines stylistiques dans le rock psychédélique des années 60 et 70. Quel est votre ressenti sur l’évolution du rock en ce moment ? Et quelles sont les aspects de l’esthétique rock psyché old-school qui vous ont attiré vers ces types de son?

Vincent: C’est vrai que les couleurs et façons de faire vintages reviennent de plus en plus, que ce soit dans la composition, les sonorités et même les techniques d'enregistrement, ce qui est pour nous une bonne chose car cela permet de revenir à quelque chose de plus brut. L'honnêteté et la pureté de cette musique pop psyché de la fin des années 60 nous ont toujours attiré, et cela nous a fait prendre conscience de l'importance de la mélodie et des arrangements. Notre travail de composition se concentre sur ces deux derniers points. 

A la fin du mois d'avril vous allez jouer au DesertFest à Londres. Quels sont les groupes du line-up que vous espérez voir si le temps vous le permet?

Vincent : On aura un timing serré, mais on espère avoir le temps de chopper les sets de Conan et Russian Circles !

Qu’avez vous au programme pour le reste de l’année 2016?

Vincent: Après le Desertfest et une poignée de dates françaises sur la route (Tours, Paris, Lille et Lyon), on va travailler dur pour repartir rapidement sur la route après l'été. On veut défendre notre album au maximum, le meilleur moyen étant d'aller directement à la rencontre des gens et de leur proposer des lives de qualités. 

Pour finir avec une question que je pose à le fin de chaque interview: pourriez vous nommer un de vos albums, films et bouquins préférés?

Vincent: En bons fans des Beatles que nous sommes, Revolver fait partie de nos disques de chevet. Pour parler de choses plus actuelles, on adore Currents de Tame Impala, pour lequel Kevin Parker a pris beaucoup de risques notamment en terme de sonorités, un super album !

Pour ce qui est du cinéma, ça sera aussi en rapport avec la musique, car on va citer Dead Man de Jarmusch, avec cette superbe BO composée et jouée par Neil Young. 

Pour les bouquins, on retrouve dans nos dernières lectures Vol au-dessus d'un nid de coucou de Kesey, Le vieil homme et la mer d'Hemingway ou encore les Histoires Extraordinaires de Poe. 


Merci à Vincent et au groupe pour avoir rendu cette interview possible!

Sunder
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Saturday, April 2, 2016

Prochainement: Rotten Sound, Cult Leader & Abigail Williams (27.04 au Glazart de Paris)

De retour à l’occasion de la sortie de leur nouvel album, Rotten Sound marquera sa tournée Européenne avec une date Francaise à Paris s’annonçant déjà très prometteuse. 
Lors de leur passage au Glazart de Paris le 27 avril prochain, les fans du quatuor au son dévastateur dans la pure lignée des groupes Grindcore cultes auront l’occasion de découvrir les derniers titres de Abuse to Suffer, leur huitième album en date sorti tout frais dans les bacs chez Season of Mist.
Accompagnant le quatuor finlandais pour cette tournée européenne, nous avons la chance de trouver deux groupes américains tout aussi réputés et dont la présence dans les salles européennes se fait rare.

Abigail Williams aura l’honneur d’ouvrir les festivités avec un son sinistre et chaotique dans la tradition de le scène black metal américaine (Nachtmystium, Leviathan...).
Après avoir initialement annoncé leur séparation en juillet 2012, le groupe au line-up tumultueux mené par le chanteur-guitariste Ken Bergeron marquera son retour sur la scène avec de nouvelles tournées et un nouvel album pour le plus grand bonheur de leurs fans. Leur dernier album, The Accuser, sorti en octobre dernier promet de faire des ravages auprès d’audiences qui seraient passées à coté de cet opus injustement négligé par la presse.

Complétant ce lineup aux styles aussi extrêmes que variés, le groupe de Crust / Hardcore Chaotique Cult Leader marquera sa présence exceptionnelle sur cette tournée pour défendre l’excellent The Lightless Walk sorti l’année dernière chez Deathwish Inc. Bien qu’étant le premier véritable album du groupe, après 2 EP sortis eux aussi chez l'écurie de la bande à Bannon, cette sortie ne marque en aucun cas un coup d’essai pour ce quatuor issu de Salt-Lake City, puisque ce dernier n’est autre qu’une récente formation née des cendres du légendaire groupe de Crust punk/Blackened Hardcore GAZA. 


Avec un line-up comme celui-ci, le mois d’avril s’annonce sans trop de doutes ponctué de claques pour les heureux fans de musiques extrêmes, avec des groupes dont la réputation n’est plus à faire mais qui rend cette date française à Paris aussi prometteuse qu’immanquable.

Liens pour l’évènement et la billetterie:
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Ce concert vous est présenté par HiBooking:
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Tuesday, July 28, 2015

Interview with Mathieu and Marc from Cobra (English Translation)


Cobra is a band that has a tendency to leave their audience completely dazed and confused. Formed in 1984, the band has managed to gather a reasonable cult-following thanks to their undeniable singularity in todays' metal scene; with songs like “Des lieux associatifs pour les jeunes” (tr: “Associative space for the youths”),  “Pédés et drogués” (tr: “Faggots and junkies”) or  “J’aime regarder les filles qui marchent sur des seringues (sur la plage)” (tr:”I like watching girls step on syringes (on the beach)”); perplexing tracks that have nonetheless found their audience with fans all across France. Their reputation eventually led them to unleash their zaney aesthetic and ridiculous lyrics at Le Nouveau Casino in Paris, opening up for none other than Kickback (a rather peculiar lineup contrasting the bands' weird sense of humor with the Parisian Hardcore bands' infamously ferocious reputation). Right before their Parisian show opening up for Iron Reagan, I got a chance to catch up with the bands' guitarist Mathieu along with vocalist Marc for an interview about this growing yet alienating force known as Cobra.


- For those who've yet to hear of you, could you start off by explaining what is the "Cobra spirit"?
Marc: (Pensive) The Cobra spirit is about metal first and foremost, because that's the type of music we play. It's Hard Rock/Metal/Punk music; it's energetic, brutish music for brutish people. It's something that's straightforward, that doesn't think too much...

Mathieu: ... that doesn't think at all, really. We see it as something to have fun and to feel good.

- For those who've had to chance to witness some of your previous shows, one can only be struck with surprise with regards to the peculiar image and the atmosphere surrounding your music.
Marc: That's true, but we're not too good at putting a finger on it really. It just goes off the wall. We try to maybe shock people , push things to the extreme, not only with our music. In extreme music the lyrics are usually a little... I'm going to say "consensual"... and we're basically trying to be like an overdriven guitar. We take our ideas, we put an overdrive on it and what we're left with is something completely saturated. It's just nonsense, stupidity pushed up to the max.

- Why did you choose the cobra to represent your band?
Mathieu: Basically we've known each other for quite some time and we were already playing "music" back in 1984 and at the time we though the name was awesome.

Marc: We were ... pretty young (Mathieu laughs). To give you an idea of how old we were, we actually thought of the name as being pretty appropriate, especially since at the time you had bands called "Scorpions"...

Mathieu: The fact that we were 12 years old does explain it as well.

Marc: There's also a bit of that, yeah (Mathieu laughs). It's pretty sad to have to say, looking back, that at the time it was all completely serious. At the time we thought it was super cool to call ourselves Cobra because it sounded Heavy Metal, it sounded like those bands we'd see in "Enfer Magazine" and it ended up staying. We did a bunch of other stuff under different names but we eventually came back to it because it sounded so outdated that it sounded great to us.

- So the name took on a different meaning after a while.

Marc: It did take on a new meaning yeah. Cobra reminds you of car tuning, bikers, all of these brutish things that try to be rough and tough...

Mathieu: ... without really buying into it.

Marc: There's also the cheesy ring to the name Cobra that I happen to like as well.

- So I've read that Cobra's been around since 1984, yet your first album was released in 2001, why the long gap ?
Mathieu: Like we just said, we did a bunch of other stuff when we were kids and eventually they just strayed off; we hadn't made anything concrete with that. People sold tapes at that time and so the first time we were lucky enough to get our hands on a CD burner we made an album (laughs).

Marc: Our first album basically dates back to the first CD burners and the first internet connections that allowed us to spread the word.

Mathieu: We've always recorded everything at home.

Marc: It's always been a hobby; it never really was a "real band". At first it was just a thing we did for ourselves and for our friends, which is why there's always been this "private joke" aspect to it all. There's always been the opaque side to us where you feel like there's something stupid going on but you're not sure where it's at. It often relates to the things we've experienced, things we've seen and that made us laugh, things that we then bring back up and that are completely retarded. People might think that it comes from nowhere but in reality there's always a bit of truth, some reason behind the things we say.


- Your band makes some references to France's 80s' Hard Rock and Metal Scene, namely with your song "Fils du Cobra" (Son of the Cobra) which references Malediction, Satan Jokers and Killers in its chorus : « Fils de Satan, Fils du Metal, Fils de la haine », followed by « Fils du Cobra ».
Marc: Yeah but it's not really intentional, it's not really a tribute that we make specifically to these bands, more like a tribute to that scene in general. I wouldn't go so far as to say that we're trying to recreate it but it was nice to have a scene that didn't take things too seriously and that didn't try to convey any messages... there were band that would call themselves "Sortilège" (spell) and be completely serious about it. That's sort of the outlook we have on metal; it's something very serious, people don't play it for a joke but they engage into it wholeheartedly without any shame. We don't try to intellectualize things.



- Your band exists for just about 30 years now. What is your outlook on the evolution and state of rock and metal music today?
Mathieu: I think there used to be a time when it was a shame to listen to metal. Right now it got back into the mainstream, take for example all of these guys you can see walking around with Burzum t-shirts...
- Like that guy who just stepped in 5 minutes ago to grab a beer from your fridge.
Mathieu: Yeah... (bursts out laughing). Take for example a band like Metallica; you can clearly pinpoint the time when they tried to hold on to the grunge era because metal music was uncool. It was during that time when the fact that you listened to metal meant that you really enjoyed it. There was a huge gap during that period but now ... I wouldn't go as far as to say that it has become "hip" again, but it certainly has become a part of our current musical culture again. I don't know if anything of what I'm saying is very clear right now (laugh).

- It's been 3 years since you last released an album, when can we expect some new stuff from you guys?
Mathieu: You're already going to get a 12-inch, which is already a miracle. We're really not productive when it comes to that.

Marc: It's a hobby for us, it's something we do on the side, it's certainly become harder and harder for us to find the time...

Mathieu: ... to lay something new.

Marc: In any case we don't really have a label; we don't really have any obligations. Whenever we'll decide to do something, it'll be because we feel like it, because we'll like it. We're not just going to start follow the wind, release stuff and make people laugh simply because we're getting a little more known, that's not the point.

- Your lyrics talk about drugs, satan, nihilism but you also have some socially conscious outcries towards some of societys' ills, most notably concerning the French youth of today.  What is your take on French politics and the youth of France today?
 Mathieu: I don't get it and I don't give a shit.

Marc: We don't have any opinion because we really don't care at all about social issues. We're kind of idiots in a way. Consider us as little barking poodles. We just like to yell.

- Could you name one of your favorite albums, movies and books?

Marc: I'd say... Killing is my business and business is good by Megadeth. I also listen to a lot of Black metal.

Mathieu: Lately I've been really fond of Kvelertak, first of all because its' sung in norwegian so I don't understand it at all, so at least I don't even have to try to understand anything. Performance-wise, they're just full of energy and they manage to blend together the rock n' roll and blast parts into a coherent whole. They've got this Turbonegro vibe in some of their riffs and their mixture of genres is really fun to listen to.

- In terms of Movies?

(both of them take the time to think in silence...)


Marc: ... they're all old shitty movies!

Mathieu: The problem with us is that it can be pretty much anything. It depends on the day, we can go nuts about anything (laughs). Rue Barbare and Tchao Pantin are some good examples...

Marc: All of these sordid French detective movies from the 1980s'.

- In terms of books?
Marc: Oh no! Thats' a no-no for us! (Mathieu laughs)

Mathieu: No but we.... yeah...
 
Marc: Speaking of which, we say you reading a book a few moments ago and we don't like that! (Mathieu bursts out laughing). We're absolutely anti-culture, especially when it comes to written culture (laughs). Zero books!

- To close this off, do you have a message for your potential readers and fans in the US?
Marc: We like Americans! To us, america is a bit like in the lyrics for Pantera...

Mathieu: ... or Mötley Crüe. We're actually going to catch their last tour in MONACO!

Marc: Americans should just stop taking shits from the snobs who criticize them. They don't need to take any advice from anybody! (laugh)

Mathieu: It's AMERICA!

Marc: More seriously though, all of the bands that blew us away back in 1983 and 1984 were American bands. Since we've kind of staying in that period, it really did leave a big mark on us: Twisted Sister, Mötley Crüe, WASP...


Interview and translation from French by Robin ONO
Thank you to the band for making this interview possible !